Troubles et risques liés aux perturbations du sommeil

Si vous suspectez certains de ces troubles, n'hésitez pas à en parler à votre médecin pour demander un examen à domicile.

Classification internationale des Pathologies du Sommeil

Les insomnies

Troubles du sommeil fréquents

L’insomnie est le trouble du sommeil le plus fréquent. Elle se caractérise par un manque de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité qui impacte sur les activités du quotidien. Lorsqu’elle est chronique, l’insomnie peut être provoquée par le stress, l’anxiété, la dépression ou une maladie.

L'insomnie chronique, insomnie primaire, insomnie secondaire, insomnie d'endormissement ou de maintien du sommeil... S'il est relativement facile de retrouver une cause extérieure à un problème d'insomnie qu'il s'agisse d'environnement, d'un événement traumatisant ou d'une maladie associée, l'insomnie de type primaire ou "intrinsèque" est plus difficile à étudier et à traiter.

L'insomnie court terme, insomnie aiguë, insomnie réactionnelle. L’insomnie aiguë d’ajustement est celle qui est causée par un événement difficile ou un facteur stressant (deuil, perte d’emploi, détresse de tous types). Ce type d’insomnie dure quelques jours et disparaît en moins de trois mois. Généralement, ce problème se résorbe rapidement à la disparition du traumatisme ou des facteurs en cause. Chez les personnes plus vulnérables, il arrive que l’insomnie persiste et devienne chronique.

Autres types d'insomnie, qui ne remplissent pas les critères précédents. 

Symptômes insolés et variantes de la normale ; temps passé au lit excessif, court dormeur. 

Troubles respiratoires

du sommeil

Troubles du sommeil très fréquents

Le terme « troubles respiratoires du sommeil » fait référence à une série d'affections qui se traduisent par une respiration anormale pendant le sommeil. La plus courante est l'apnée du sommeil. Chez les patients souffrant du syndrome d'apnées obstructives du sommeil, ceci peut se produire des centaines de fois au cours d'une seule nuit de sommeil.

Syndrome d'apnées obstructives du sommeil chez l'adulte et l'enfant.

Syndrome d'apnées centrales du sommeil. Avec respiration cheyne stokes, sans respiration de cheyne stokes. Ou lié a une respiration périodique de haute altitude. Aussi dû à un médicament ou à une substance. Parfois idiopathique chez l'adulte, le nourrisson, le prématuré. Le SACS peut aussi être induit par le traitement. 

Syndrome d'hypoventilation pendant le sommeil. Fréquemment sous la forme de syndrome d'obésité hypoventilation. Aussi en syndrome d'hypoventilation alvéolaire centrale congénitale. L'hypoventilation centrale ou hypoventilation alvéolaire. Induite par un médicament ou une substance. Aussi due à une pathologie médicale.

Maladie d'hypoxémie pendant le sommeil.

Symptômes insolés et variantes de la normale ;

  • Ronflement, ce bruit pouvant atteindre 100 décibels est le résultat d'une vibration des tissus mous respiratoires (dits naso-pharyngés : voile du palais, base de la langue et parois pharyngées).

 

  • Catathrénie, un trouble du sommeil bénin, faisant partie des parasomnies. Les sujets atteints de catathrénie sont pris de gémissements, de grognement ou autres vocalisations nocturnes. Ces vocalisations surviennent à l'expiration, préférentiellement durant le sommeil paradoxal).

Hypersomnolence

d'origine centrale

Troubles du sommeil moins fréquents

Les hypersomnies centrales sont des troubles du sommeil rares mais qui peuvent être très invalidantes !
Elles se manifestent principalement par un excès de sommeil et/ou une somnolence diurne excessive.

Il existe différents type d’hypersomnie d’origine centrale :

La narcolepsie ou « maladie de Gélineau » est un trouble du sommeil chronique ou dyssomnie rare. Elle est caractérisée par un temps de sommeil excessif : l'individu ressent une extrême fatigue et peut s'endormir involontairement à un moment non adapté, comme au travail, à l'école ou dans la rue.

L'insuffisance de sommeil.

L'hypersomnie secondaire à une pathologie médicale, à l'usage de médicaments ou substances. Parfois aussi lié à une maladie psychiatrique.

Troubles du rythme circadien veille-sommeil

Troubles du sommeil fréquents

Syndrome de retard de phase. Il se caractérise par des horaires de coucher et de lever tardifs. Il représente 10% des insomnies.

Syndrome d'avance de phase. L’endormissement survient très tôt le soir vers 21 heures ou 21 heures 30 mais le réveil se produit également très tôt.

Le rythme veille-sommeil irrégulier. Il est l'expression d'une désorganisation totale des cycles veille-sommeil par rapport au rythme nycthéméral (alternance d'un jour et d'une nuit).

Désadaptation au travail en horaires décalés ou de nuit. Lorsque notre vie est régulière ces différents rythmes sont harmonieux. Cependant, lorsque les horaires sont décalés, les rythmes biologiques peuvent être bouleversés.

Trouble lié au décalage d'horaire.

Parasomnies

Troubles du sommeil fréquents

Les parasomnies sont des événements indésirables qui surviennent pendant le sommeil et qui impliquent souvent des comportements complexes et orientés vers un but. Elles se manifestent après l’endormissement, pendant le sommeil ou au moment de l’éveil.

Parasomnies du sommeil lent. Troubles du réveil en sommeil lent profond, éveils confusionnels, le somnambulisme, les terreurs nocturnes, les troubles alimentaires du sommeil.

Parasomnies associées au sommeil paradoxal. Trouble du comportement en sommeil paradoxal (REM Sleep), paralysie du sommeil isolée/récurrente, maladie des cauchemars.

Autres parasomnies : Syndrome de la tête qui explose, hallucinations liées au sommeil, énurésie nocturne (mictions involontaires et inconscientes chez l’enfant de plus de cinq ans ou l’adulte. C’est ce que désigne familièrement l’expression « faire pipi au lit »), parasomnie de cause médicale, causées par un médicament ou une substance et les parasomnies non spécifiées. 

Somniloquie est un trouble faisant partie des parasomnies, c’est le fait de parler en dormant, plus ou moins fortement, allant de simples mots à de longues phrases plus ou moins compréhensibles.

Mouvements anormaux

liés au sommeil

Troubles du sommeil fréquents

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) se caractérise par le besoin impérieux de bouger les membres inférieurs. Connu sous le nom de « maladie de Willis-Ekbom ».

Syndrome de mouvement periodique des jambes. Le syndrome de mouvements périodiques des jambes au cours du sommeil (MPJS) Le MPJS se caractérise par des mouvements répétés et typiques des membres inférieurs au cours du sommeil. Le plus souvent il s'agit d'une extension du gros orteil avec flexion du pied et parfois du genou et de la hanche.

Bruximes « grincement des dents » est une parafonction manducatrice (mouvement inconscient sans but précis concernant l'appareil manducateur) soit par serrement soit par mouvements latéraux.

Crampes nocturne.

 

Les rythmies du sommeil sont des troubles assez fréquents et sans conséquences. Elles apparaissent à l’endormissement et sont marquées par un balancement rythmique de la tête, d’un membre ou du corps. Elles peuvent durer de quelques secondes à quelques minutes.

La myoclonie est une contraction musculaire rapide, involontaire, de faible amplitude, d'un ou de plusieurs muscles.

Autre trouble du sommeil

Quelques précisions

Autres troubles du sommeil, utilisé pour répertorier un trouble du sommeil qui ne se trouve pas dans une catégorie diagnostique de la 3e édition de la classification internationale des troubles du sommeil.

 

Annexe A : Maladies et troubles neurologique liés au sommeil 

Comme par exemple, l"épilepsie morphéique, les céphalées de sommeil, le RGO : reflux gastro-œsophagien lié au sommeil, l'ischémie myocardique liée au sommeil...

Annexe B : Classification des troubles du sommeil liés à l'utilisation de produits.

Comme par exemple les substances suivantes : Alcool, opiacés, cannabis, sédatifs, hypnotiques ou anxiolytiques, cocaïne, autres stimulants (y compris l'amphétamine et la caféine), les hallucinogenes (y compris ecstasy, PCP, phencyclidine), la nicotine, les produits inhalés, (y compris solvants volatiles) ou les autres substances psycho-actives (y compris l'utilisation de substances multiples).

RISQUES LIES AUX PERTURBATIONS DU SOMMEIL

À court terme

01/

Somnolence diurne excessive

Dans ce cas, le besoin de dormir dans la journée peut être irrésistible et de véritables épisodes d'endormissement, plus ou moins récupérateurs, surviennent parfois. La somnolence diurne excessive concerne une personne sur cinq. Près de 30 % des adolescents de 15 à 19 ans manquent de sommeil.

03/

Problèmes de concentration et mémoire

L'apnée du sommeil, un risque pour la mémoire et le cerveau. Une nouvelle étude parue dans le journal Neurology montre que les personnes qui souffrent de troubles respiratoires du sommeil (apnée) développent une perte de mémoire et un déclin cognitif à un âge plus précoce que la moyenne.

05/

Plus d'appétit pour

les aliments riches

Sans en expliquer la cause, de nombreuses études ont montré que les personnes qui dorment moins en quantité comme en qualité ont tendance à présenter des indices de masse corporelle (un rapport entre le poids et la taille) plus important. Et, si chacun a déjà pu constater dans son quotidien un besoin accru de manger après une mauvaise nuit, ceci possède une explication aujourd’hui bien connue.

07/

Reflux gastro-oesophagien, acidité

Au cours du syndrome d'apnées obstructives du sommeil, le réflexe de déglutition est altéré. Dans 50 % des cas, une relation entre l'apnée et le RGO est retrouvée. Le nombre d'épisodes de RGO est diminué par la pression expiratoire positive et le nombre de réveils nocturnes chez les apnéiques est diminué par les anti-H2. La position au cours du sommeil influence le RGO : le pourcentage de temps avec un pH oesophagien < 4, équivalent en décubitus dorsal ou ventral, augmente légèrement en décubitus latéral gauche et surtout en décubitus latéral droit qui doit donc être évité.

09/

Dette de sommeil, diminution performances

La réduction du temps de sommeil est un
comportement répandu pour de nombreuses
raisons dans nos sociétés. En moyenne, nous dormons 1 heure 30 de moins qu’il y a cinquante ans.

Cette activité biologique qui occupe le tiers de notre temps est pourtant essentielle : nous y puisons notre énergie et elle nous permet une bonne santé et une bonne vigilance.

02/

Vigilance

et risque d'accidents

Les apnées du sommeil ont un retentissement important sur la vigilance dans la journée.

Car les arrêts respiratoires se produisent dès que la personne commence à entrer en sommeil profond : alors les muscles se relâchent totalement, provoquant une obstruction au niveau des voies aériennes. L'étouffement déclenche un micro-réveil qui permet de se remettre à respirer… et cela se reproduit toute la nuit. 

04/

Irritabilité,

émotivité augmentées

Les symptômes de l'apnée du sommeil apparaissent pendant la nuit et ont un impact important sur la journée. Plusieurs d'entre eux peuvent être présents, des difficultés à se concentrer, à mémoriser, des troubles de l'humeur, une certaine irritabilité. Dés céphalées matinale (douleurs et sensations désagréables à la tête). 

06/

Système immunitaire,

plus grande fragilité

Le sommeil est bon pour le système immunitaire. Le repos n’est pas anodin. Le sommeil est nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme et à son métabolisme (= ensemble des réactions chimiques de l’organisme). D’après certaines études, un manque de sommeil perturbe la régulation d’hormones, ce qui peut avoir un impact sur la prise de poids. 

08/

Troubles dépressifs, anxiété

Non, ce n’est pas parce que c’est lundi que vous vous sentez irrité depuis quelques temps, mais plutôt parce que vous manquez de sommeil. Les variations de l’humeur, tout comme l’augmentation du stress et l’anxiété, peuvent être un signe silencieux d’apnée du sommeil. Des études ont montré que les gens qui ne dorment pas assez se sentent plus stressés, en colère, tristes et mentalement épuisés, selon l’école de médecine de Harvard.

10/

Troubles fonctionnels, gastro-intestinaux

Un manque de sommeil s’accompagne souvent de choix alimentaires inappropriés en quantité et en qualité puisque les hormones de satiété dysfonctionnent.

 

À cela s’ajoute un impact négatif du stress lié au manque de sommeil, sur le tube digestif, et ces facteurs mènent à la survenue de gastrites, de colites, de troubles du transit ou encore de dyspepsie, caractérisée par une lourdeur de l’estomac, des éructations et un ralentissement de la digestion.

RISQUES LIES AUX PERTURBATIONS DU SOMMEIL

À long terme

Le manque de sommeil est néfaste pour la santé et les personnes qui dorment moins de sept heures par nuit présentent un risque accru de maladie cardiaque.

Voir le tableau des prévalences des maladies cardiovasculaires dans le syndrome d'apnée hypopnées obstructives du sommeil : ici. 

1.

Cardio-vasculaires

Les liens entre sommeil court et obésité peuvent avoir une origine hormonale mais aussi comportementale. Sur le plan hormonal, la réduction de la durée de sommeil diminue la leptine (produite par les cellules adipeuses, qui induit la satiété et augmente la dépense énergétique) et augmente la ghréline (sécrétée par l’estomac, qui stimule l’appétit et réduit la dépense locomotrice) : ceci augmente la faim et l’appétit. 

Voir la prise en charge des troubles du sommeil liés à l’obésité et à la prise de poids : ici. 

2.

Obésité

Il existe une corrélation entre sommeil et diabète à travers les troubles du sommeil que sont l’insomnie, l’hypersomnie, le syndrome des jambes sans repos, ou le syndrome d’apnées. Troubles pouvant être des effets du diabète ou avoir des effets sur lui. Un mauvais sommeil pèse sur l’équilibre glycémique, accroît le risque de développer un diabète  chez des personnes prédisposées et peut aggraver un diabète existant.

3.

Diabète

Plusieurs études scientifiques récentes ont pointé du doigt le manque de sommeil dans le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Une étude américaine de 2012 indiquait que dormir moins de 6 heures par nuit était associé à un risque accu d’AVC. L’une des hypothèses avancées pour expliquer un tel lien était une association entre une mauvaise qualité du sommeil et une alimentation déséquilibrée, un facteur de risque connu d’AVC. Une autre étude a ainsi montré que le manque de sommeil incite les personnes à consommer plus d’aliments riches en sucres, en sel et en graisses.

4.

AVC

Dans le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) ou apnée du sommeil. De récentes études sur le modèle animal ou chez l’homme ont montré que les patients souffrant de manque d’oxygène par intermittence pendant le sommeil avaient un risque augmenté de mortalité globale, mais aussi, une surmortalité par cancer. Une étude longitudinale prouve, une fois de plus, une association entre SAHOS et cancer. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer cette hypothèse et comprendre quels sont les mécanismes biologiques pouvant expliquer ce lien. 

5.

Cancers

Le syndrome métabolique associe habituellement une intolérance au glucose, encore appelée insulinorésistance, et deux au moins des éléments suivants : HTA, dyslipidémie (diminution du HDL cholestérol ou hypertriglycéridémie), obésité, microalbuminémie. Une définition plus récente, proposée en 2005, propose l’association d’une obésité viscérale à au moins deux autres facteurs (HTA, hypertriglycéridémie, réduction du HDL cholestérol, hyperglycémie). La présence d’une résistance à l’insuline a été largement décrite au cours du SAHOS, tout comme les troubles du métabolisme lipidique, l’HTA et l’obésité, de telle sorte qu’il apparaît comme une évidence que le SAHOS puisse représenter une manifestation du syndrome métabolique. 

6.

Métabolisme

De manière générale, le manque de sommeil (aussi décrit sous le nom d’insomnie), provoqué par l’apnée du sommeil en raison des micros réveils à répétition (expliqué plus en détail dans l’article : apnée du sommeil pour tout savoir ), provoque un état dépressionnaire important.

Par exemple,

 

Avec une apnée légère : le risque de dépression se multiplie par 1,6

Avec une apnée moyenne : le risque de dépression se multiplie par 2

Avec une apnée sévère : le risque de dépression se multiplie par 2,6

7.

Dépression